L’an dernier, de nombreuses personnes qui se mobilisaient pour exiger le respect des droits humains et l’obligation de rendre des comptes pour des exactions ont été diabolisées et poursuivies en justice, ce qui a entraîné une réduction de l’espace dédié à la société civile. La police et les forces de sécurité ont persécuté des défenseurs des droits humains. Des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture, entre autres formes de mauvais traitements, et des disparitions forcées ont continué d’être constatées sans que les responsables ne soient amenés à rendre des comptes. La campagne de violences menée par les forces de sécurité du Myanmar contre les Rohingyas dans le nord de l’État d’Arakan, constitutive de crimes contre l’humanité, a engendré une crise humanitaire et des droits humains dans le pays et au Bangladesh voisin. Le non-respect des lois et la violence se sont aggravés aux Philippines. Le mépris qu’affichait le président pour les droits humains dans la « guerre contre la drogue » s’est traduit par des milliers d’homicides, principalement de personnes issues de groupes pauvres et marginalisés, dont des enfants. L’ampleur de cette vague d’homicides et l’impunité généralisée ont suscité des appels de plus en plus nombreux en faveur d’une enquête au niveau international. En décembre, le prolongement de la loi martiale sur l’île de Mindanao, dans le sud du pays, a fait craindre que ce régime militaire ne soit utilisé pour justifier d’autres atteintes aux droits humains. Le gouvernement a tenté de rétablir la peine de mort. En Indonésie, le nombre d’homicides de trafiquants de drogue présumés imputables à la police a connu une forte hausse. En Australie, les droits humains demeuraient un voeu pieux tandis que les autorités soumettaient les demandeurs d’asile et les réfugiés à un traitement cruel, inhumain et dégradant. Des gouvernements d’Asie du Sud-Est et du Pacifique n’ont pas fait le nécessaire pour faire respecter les droits économiques, sociaux et culturels. Au Laos, des villageois touchés par des projets d’infrastructures ont été contraints de partir s’installer ailleurs. Au Cambodge, le droit à un logement convenable a été mis à mal par l’accaparement de terres. À Singapour, des ONG ont critiqué les mauvaises conditions de logement des travailleurs étrangers. Des élections nationales se sont tenues en Papouasie-Nouvelle-Guinée sur fond d’allégations de corruption et de mesures brutales des autorités, notamment des violences et des arrestations arbitraires.