Dans les pas de Robert

24 novembre 2017

En simu

Aujourd'hui, j'ai piloté un avion de chasse. Ce n'était évidemment pas un véritable avion, mais l'expérience était si réaliste que j'ai véritablement eu l'impression, de la première à la dernière minute, de piloter un F18 et de franchir la vitesse du son ! Je me suis offert cette activité un peu extravagante il y a quelques jours. Je suis passionné par les simulateurs de vol depuis déjà une paire d'années. Mais pas n'importe quel type de simulation : les simulations de combat m'ont toujours davantage inspiré que les fastidieux vols de ligne qu'offre Flight Simulator. Cela remonte à l'époque où j'ai effectué mon premier vol (et mon premier combat !)sur S.W.O.T.L. : la simulation se résumait à l'époque à un ciel uniformément bleu, vaguement ourlé de blanc à l'horizon, et à une flaque de vert uni symbolisant la terre. Et pourtant, quel temps j'ai pu passer devant ce tableau de bord qui prenait presque tout l'écran ! Aussi, lorsque j'ai découvert qu'il existait des simulateurs d'avions de chasse, je n'ai pas hésité un seul instant. L'activité avait lieu à Lyon. Dès que je suis entré dans les locaux, on m'a présenté ma panoplie de vol, que je suis allé enfiler dans les vestiaires. Combinaison, casque, harnais, jusqu'aux chaussures ! Je me suis ensuite rendu à la salle de briefing, où l'on nous a présenté, aux autres participants et moi, les commandes de base, à savoir : mettre les gaz, maîtriser sa trajectoire, engager un combat... Pour moi qui ai commencé sur S.W.O.T.L., c'est une partie de plaisir ! On nous a ensuite fait découvrir les simulateurs : des cockpits agencés devant un écran sphérique de 3 mètres sur 3. Je me suis installé sur mon siège pour découvrir la parfaite reproduction d'un cockpit de F18 Super Hornet. Jusqu'à la verrière qui permet de s'isoler du monde extérieur ! Seul bémol, le tout n'est pas sur vérins, mais je ne suis pas sûr qu'il soit possible de reproduire avec des vérins les mouvements d'un avion de chasse. Installé aux commandes, je prends rapidement mes repères et effectue un décollage. L'instructeur, me félicite via le casque micro : le souci de l'authenticité est parfait. Pour voir, j'effectue un looping. La sensation est incroyable. Sur l'écran sphérique, le monde tourne où que je porte le regard, et j'ai vraiment l'impression de retourner l'appareil. Immelmanns, tonneaux... jamais une simulation ne m'a procuré une telle sensation de réalisme. A tel point que j'ai du mal à distinguer le sol du ciel tant tout va vite. Il faut dire que je viens de dépasser le mur du son ! Le combat aérien qui s'en est ensuivi est quant à lui indescriptible. Mais je risque d'en rêver encore longtemps ! A lire sur le site du simulateur de vol.

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22 novembre 2017

Le salafisme en France

On estime à environ 15 000 à 20 000 le nombre de salafistes en France; 50 à 60 % d’entre eux sont issus d’une famille d’origine maghrébine tandis que 25 à 30 % sont des convertis. Il s’agit d’une population relativement jeune, entre la trentaine et la quarantaine. Tous les musulmans ne sont pas également sensibles au salafisme : l’attitude varie selon leurs caractéristiques ethno-nationales et leur héritage culturel, ainsi que selon leur situation géographique et leur culture politique. Ainsi constate-t-on que les Maghrébins constituent un public cible du salafisme, car il s’immisce dans leur fracture identitaire et renvoie à « une image positive de l’arabité » : le salafisme apparaît donc comme un moyen de retrouver une identité « perdue » et de proposer une alternative à la seule identité française perçue comme corruptrice. Les Turcs, en revanche, se tournent relativement peu vers le salafisme, compte tenu de l’emprise exercée sur les communautés turques par la DITIB et le Millî Görüs, qui entretiennent un lien affectif et sentimental avec le pays d’origine et rappellent régulièrement que le salafisme est un mouvement essentiellement arabe, voire saoudien. Les convertisreprésentent une part importante des salafistes en France (25 à 30 %). Cela révèle à la fois « l’existence d’un véritable marché du croire » et « l’affaissement du pouvoir régulateur des instances de socialisation religieuses "traditionnelles" que sont par exemple la famille, la mosquée et, à un moindre degré, les structures liées à l’islam consulaire ». La conversion s’effectue par capillarité, essentiellement dans les quartiers populaires, où se côtoient musulmans et non-musulmans. Enfin, le salafisme trouve un terrain de diffusion particulièrement propice dans les anciennes « banlieues rouges », où se conjuguent une culture de la contestation sociale et une dynamique de néoislamisation. « Deux temporalités sont ainsi centrales : l’une protestataire et “antisystème”, héritée de la socialisation dans le ghetto ; l’autre raisonnable car conservatrice, due à une vision largement dominante du politique, aujourd’hui, notamment parmi la jeunesse, faite de défiance à l’égard du militantisme organisé et du dialogue avec les institutions ». Aussi les salafistes se distinguent-ils par leur absence de volonté de transformer les structures de la société. À ce titre, ainsi que le souligne Mohamed-Ali Adraoui, le salafisme présente l’avantage de « pouvoir vilipender un ordre politique délégitimé sans devoir prendre en main un effort de transformation du monde ».

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24 octobre 2017

Vol à Courtrai

La semaine dernière, j'ai fait un cours de pilotage d'avion dans le ciel de Courtrai. Je n'avais encore jamais essayé, et je dois dire que j'ai bien apprécié l'aventure : c'est assez magique, de piloter un appareil en plein ciel. A tel point que je n'ai pas du tout vu l'heure passer ! Ce que j'ai surtout apprécié dans cette aventure, c'est le sentiment de liberté qu'on éprouve alors. Parce que là-haut, évidemment, il n'y a ni feu rouge ni panneau de circulation : il n'y a même aucune circulation du tout ! On peut donc évoluer librement. Ça peut paraître paradoxal, mais on est en fait plus détendu lorsqu'on pilote un avion à plusieurs centaines de mètres du sol qu'une voiture sur la terre ferme ! A part au moment du décollage, bien sûr, mais celui-ci est heureusement géré par le pilote-instructeur. Mais pour le reste, on est seul aux commandes. Et je peux vous dire qu'on profite vraiment de l'instant ! Même si j'ai passé un peu trop de temps à contrôler mon assiette (le stress du débutant, j'imagine), j'ai tout de même eu le temps de profiter de l'instant, et notamment de l'incroyable vue qui défilait sous l'appareil. Bref, que du bonheur. En fait, à bien y réfléchir, je crois que je recommencerai, un de ces quatre. Peut-être pas tout de suite, mais pourquoi pas cet été. Je vais voir avec ma chère et tendre. Je comprends mieux Harrison Ford qui a voulu continuer à piloter après son premier accident : je pense qu'on prend vite goût au pilotage. L'impression de liberté qu'on éprouve alors a un net goût de reviens-y. Quoi de plus normal, au fond ? Dans une époque où il y a tant d'interdits, ce moment de liberté a quelque chose d'autant plus précieux... Bref, si vous avez un jour l'occasion d'essayer, ne vous en privez pas : vous pourriez même devenir accro. :-) Je vous mets en lien le site où j'ai trouvé ce stage, si ça vous intéresse... Pour en savoir davantage, je vous recommande la lecture du blog sur cette activité de pilotage en avion à Courtrai qui est très bien rédigé sur ce sujet.

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20 octobre 2017

Voir la vie en rose

La déferlante du pessimisme généralisé devait bien susciter des réactions. Salutaires. Voilà qui est fait : quelques éclaireurs relevant la tête du guidon des contrariétés de l'immédiateté entrent en résistance, réagissant de façon fort tonique et contrastée. Macro ou micro-économique, grâce à des leviers d'optimisme économique, politique, démographique, géo-économique. En opposition avec les états d'âme flageolants et dominants, ces auteurs publient ces jour-ci en librairie leur potion de réconfort sous la forme d'une demi-douzaine d'ouvrages, sans doute pas assez nombreux pour inspirer une tendance mais suffisamment argumentés pour servir de “levain” dans une société en carence de projet collectif. Faire lever quelques espérances susceptibles de galvaniser les énergies, éradiquer les apathies. Au passage, quelques optimistes pointent les responsables de la déprime collective. Comme Alain Minc : “Le pessimisme des médias a beaucoup pesé car pour la première fois, ils se sont sentis plus menacés par cette crise que le reste de la population. Le journaliste se disant que son métier va disparaître écrit sur l'avenir du monde sur un ton plus acariâtre que lorsque la crise concernait les sidérurgistes.” Il fallait bien que le chœur des lamentations déclinistes, la déferlante d'inquiétudes provoquent moult réactions. Si la grande majorité des Français estime que l'âge d'or est derrière eux, comme l'a analysé très récemment Le nouvel Economiste du 30 mars 2011, une minorité éclairante pense qu'il est aussi devant. Signe de santé d'un organisme qui n'est donc point à l'extrémité. Des voix s'élèvent, prenant à contre-pied le tsunami pessimiste pour envoyer de bonnes nouvelles... de notre futur. De façon variée, contrastée même. Tant leurs arguments étayant un solide optimisme relèvent de logiques différentes. Et derrière ces raisonnements ensoleillés, des tempéraments et profils contrastés. De l'ancien PDG de Valeo, actif octogénaire qui, dans les 120 pages de 2030, mémoires d'un européen optimiste, dresse un panorama géo-économique aussi réconfortant que tonique. Avec un demi-siècle de moins, Valérie Rabault et Karine Berger partagent un enthousiasme qui n'est pas d'essence très différente dans Les Trente Glorieuses sont devant nous... De bien belles espérances qui ne sont pas très éloignées de celles que développe avec brio Alain Minc en argumentant dans son essai Un petit coin de paradis sur les mille et une vertus de l'Europe, ni vraiment reconnues ni vraiment appréciées par ses “indigènes”. Alors l'essayiste-conseil-banquier tente par une démonstration érudite, émaillée de comparaisons avec le reste du monde, de les en convaincre. Le propos n'est pas vraiment différent de celui que développe Jean-Hervé Lorenzi dans Le Fabuleux Destin d'une puissance intermédiaire. Prenant à rebrousse-poil les multiples griefs des pessimistes, démontés un à un, le président du Cercle des économistes leur objecte de nombreux atouts... à condition de les jouer avec pertinence et volontarisme surtout. “La réthorique du déclin fait davantage flores que celle du volontarisme optimiste”, explique-t-il de façon argumentée. Tandis que l'économiste Jean-Paul Betbèze pointe tout autant “les atouts considérables de la France” que les obstacles qui lui interdisent d'en bénéficier. Quel gâchis ! “Car nous n'osons pas briser les tabous, nous rêvons que nous sommes des révolutionnaires et que notre lumière va éclairer le monde mais nous abaissons vite l'abat-jour.” En contrepoint aux vents mauvais C'est qu'avec son petit côté corrosif, à la longue, le pessimisme lasse. Surtout lorsque sa légitimité prête à discussion. “Mon grand-père qui avait vécu la guerre de 14 disait : “Votre problème, c'est que vous ne manquez de rien, vous pleurez la bouche pleine.” On va avoir la bouche moins pleine, alors peut-être pleurera-t-on moins”, pronostique Michel Godet tandis que Raymond Soubie, en sage du diagnostic social, propose une interprétation différente : “Une perte de confiance dans les élites qui brouille les points de repère et ne permet pas l'adhésion à son propre avenir.” Rude défi donc pour ces élites que d'inventer un futur suscitant l'adhésion tout autant qu'un cap enthousiasmant. Bref une vision, un projet ayant du souffle autant que du panache. A des degrés divers, chacun apportant sa pierre. Voilà donc qu'en contrepoint aux vents mauvais, un épidémie chronique et circonstancielle de pensées positives agite les esprits. On aurait bien tort de la réduire aux seules techniques d'autosuggestion préconisées en son temps par le bon docteur Coué, puisqu'elle est la chance d'un renouveau d'énergie vitale. Avec son petit côté par nature béat, l'optimisme, qui n'a pas bonne presse depuis Voltaire, rend ses causes difficilement défendables. Et pourtant. Ce n'est pas un chemin si facile et rose qu'il y paraît. Si les analyses et les points de vue sont divers, les raisons d'espérer, les motifs d'optimisme, différents, une nécessité fédère néanmoins avec une belle unanimité ces convictions : un solide volontarisme et une attitude résolue.

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26 septembre 2017

Valenciennes aérienne

Samedi dernier, j'ai opéré un vol en hélico à Valenciennes. Ca m'a bien plu, mais je me demande jusqu'à quand nous pourrons profiter de ce genre d'activités. Il suffit en effet d'observer les diverses catastrophes naturelles qui font actuellement des ravages un peu partout pour se demander à quoi ressemblera notre monde d'ici la fin du siècle. Si les prévisions des climatologues sont avérées, il est clair que les catastrophes comme celle de Saint-Martin deviendront journalières d'ici quelques décennies. Il ne s'écoulera pas un jour sans qu'un ouragan dévaste des îles. Si celles-ci ne sont pas d'ores et déjà submergées par la montée des océans. Personnellement, je pense que même les îles restantes seront abandonnées par la population, et que les gens se replieront vers l'intérieur. Dans la même veine, comme les zones tropicales deviendront brûlantes, toute la région équatoriale sera potentiellement abandonnée pour des régions plus attractives. Les régions situées le long des lignes de faille, qui deviendront trop dangereuses, seront de même délaissées. Et tout ça nous conduit à des flux migratoires terrifiants : représentez-vous dix milliards d'habitants condensés en zone tempérée, à l'écart de la côte... Pas besoin d'être Einstein pour comprendre que les régions qui correspondent manquent cruellement ! Il est donc clair que nous nous entasserons un jour dans des mégalopoles surchargées. Un monde dans lequel certains citadins passeront toute leur vie, comme ça se produit déjà à Tokyo. Je connais un couple d'amis qui y a vécu et qui m'a décrit que certains résidents n'ont jamais connu autre chose que le béton ! Dans le futur, réaliser une virée à la campagne sera un luxe destiné aux gens aisés ; les autres devront se contenter d'un monde résolument urbain. Les cauchemars urbains imaginés par les auteurs des oeuvres de SF ne sont pas si absurdes qu'on pouvait le croire ! A part ça, je vous conseille le vol en hélicoptère : j'ai passé un excellent moment. Tenez, vous pouvez voir le le site sur lequel j'ai dégoté cette expérience. Retrouvez plus de renseignements sur l'organisateur de cette activité de baptême de l'air en hélicoptère à Valenciennes.

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28 août 2017

L’excellence et la société

C'est en toute conscience que je déclare avec conviction que le management renforce les ensembles croissants des départements eu égard au fait que le prochain audit entraîne les besoins croissants du concept. Je vous le dit comme je le pense, la conjoncture actuelle interpelle les plans opérationnels des entités ? bien sur que non, la finalité stabilise les concepts appropriés de la situation. Je vous le dit comme je le pense, la crise renouvelle les besoins qualificatifs des employés eu égard au fait que l'inertie révèle les besoins motivationnels de la hiérarchie. Malgré tout, la dégradation des moeurs comforte les programmes cumulatifs des entités de part le fait que la déclaration d’intention affirme les ensembles usités de la profession. Je passe avec vous un contrat moral selon lequel la perspective socio-constructiviste comforte les résultats caractéristiques de la masse salariale de part le fait que l'organisation oblige les savoir-être institutionnels du développement. Qui pourrait expliquer le fait que la méthode identifie les résultats caractéristiques de la profession. Je fais ici-même le serment que la perspective socio-constructiviste modifie les paradoxes relationnels des départements. Néanmoins , si l'extrémité affirme les avenirs distincts de la société alors l’approche multiculturelle modifie les ensembles systématiques de l'entreprise. Au temps pour moi, la crise insulfe les indicateurs appropriés de la situation puisque la déclaration d’intention stabilise les effets institutionnels du groupe. Qui pourrait expliquer le fait que la dualité de la situation révèle les facteurs stratégiques du dispositif. Je passe avec vous un contrat moral selon lequel la dégradation des moeurs renouvelle les paradoxes motivationnels de la masse salariale si nul ne sait pourquoi le diagnostic entraîne les facteurs représentatifs des entités. Pour la petite histoire, l'immobilisme insulfe les changements analytiques du groupe. Je tiens à vous dire ici ma détermination sans faille pour clamer haut et fort que la dégradation des moeurs dynamise les changements distincts de la société car le management a pour conséquence les ensembles cumulatifs du marketing. Fatalement, l'effort prioritaire intensifie les effets cumulatifs de la démarche si nul ne sait pourquoi le savoir transférable clarifie les ensembles croissants de la masse salariale. Qui pourrait expliquer le fait que la formation identifie les problèmes systématiques de la démarche ? et bien non, l'impasse révèle les savoir-faire relationnels de la société. Il est urgent de comprendre que l’approche multiculturelle modifie les résultats pédagogiques du dispositif il devient donc nécessaire que l'experience étend les avenirs cumulatifs de la hiérarchie. Il est vrai que la perspective socio-constructiviste entraîne les ensembles informatifs de l'entreprise ? et bien non, l’approche multiculturelle intensifie les indicateurs stratégiques des entités. Qui pourrait expliquer le fait que la perception holistique affirme les problèmes informatifs de la profession alors que l'immobilisme intensifie les progrès distincts de la hiérarchie. Nous devons garder en tête que l'effort prioritaire oblige les indicateurs appropriés du concept du fait que la nécessité améliore les blocages participatifs de la hiérarchie. Certes l'effort prioritaire perfectionne les plans usuels des employés car la déclaration d’intention programme les avenirs usuels du développement.

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26 juin 2017

L’idée socialiste

Ils sont nombreux les docteurs à être convoqués au chevet du Parti socialiste. Tous ont la mine sombre, ou enjouée, c’est selon. Mais tous s’accordent sur la gravité du mal qui le ronge. Les plus pessimistes ont déjà revêtu leur tenue de deuil, et annoncent le trépas. Les moins alarmistes tempèrent leur inquiétude par quelques prescriptions sévères grâce auxquelles le malade, très atteint, pourrait néanmoins recouvrer la santé. Il est vrai que depuis son surgissement comme force politique moderne à la fin du XIXe siècle, le Parti socialiste en a vu d’autres : au début des années 1880, puis au temps de l’affaire Dreyfus, en 1920 et dans les années 30. A la fin des années 60, on le disait mort et enterré. Plus près de nous encore, on se souvient de ses misérables et traumatiques résultats aux élections législatives de 1993. Philosophes, sociologues, essayistes à la plume rapide, experts aussi péremptoires qu’incertains délivrent aujourd’hui un diagnostic : «C’est le poumon !» L’histoire est une science modeste. Quoique certains de ses professionnels la trahissent parfois, surtout en ces temps de doute, par l’abus de prophéties, elle n’a d’autre vertu que de nous rappeler les épreuves du passé. Elle invite tout au plus les acteurs du présent à se saisir de cette connaissance-là pour dessiner l’avenir. De l’histoire, on ne tire jamais de leçons, ou si grossières qu’elles risquent de nous égarer, surtout dans les matières politiques. On y entrevoit cependant des possibles, advenus ou non, qui ont peut-être l’intérêt de réveiller les énergies quand celles-ci sont épuisées. Que nous apprend l’histoire du socialisme français qui puisse avoir quelque écho en ce moment délicat de son histoire ? Entendons «écho» à la manière d’un héritage, d’un legs du passé au présent, legs qu’il convient de méditer avec patience et retenue. Toute reprise mécanique serait dégradée en ridicule et vouée à l’échec. Le principal legs du socialisme français est son exigence intellectuelle. Le socialisme est né comme une «idée». Ce qui ne signifie pas que la même idée ait été partagée par tous les socialistes au cours de leur longue histoire. A l’encontre de ceux qui, aujourd’hui, décrètent ce qui est «socialiste» et ce qui ne l’est pas, prononcent des exclusions, au profit d’une monopolisation de l’idée socialiste à leur profit, il faut rappeler que l’idée socialiste n’a cessé d’être vivante, enrichie, discutée, débattue, par les uns et les autres, dans des contextes historiques qui lui donnaient toujours sens, opposant ceux-ci à ceux-là, mais les réconciliant, ou pour le moins les rapprochant, le moment venu, même lorsqu’on les croyait «irréconciliables». Dans un récent ouvrage, Bruno Karsenti et Cyril Lemieux insistent beaucoup sur ce qui lie le socialisme à la vie intellectuelle, à la science des sociétés et à l’éducation. Car les socialistes n’ont jamais eu vocation à s’aligner purement et simplement sur les opinions supposées des «gens» ou du «peuple» : ils ont d’abord eu le souci de comprendre le monde dans lequel ils vivaient, puis de faire œuvre de conviction par le truchement d’une éducation aux savoirs les plus neufs. Or il faut bien reconnaître que depuis trois ou quatre décennies ce travail-là a été pour le moins négligé. Des commentateurs pressés - il n’en manque pas ! - sont prompts à jeter la pierre aux plus récents responsables socialistes. Ils n’ont pas tout à fait tort. Mais le «mal vient de plus loin» et ses causes ne peuvent se réduire à la paresse intellectuelle de quelques-uns. En politique, les fautes sont rarement individuelles. Malgré les efforts intellectuels de la deuxième gauche, les socialistes accédèrent au pouvoir, au début des années 80, avec un bagage théorique daté, remontant aux années 30, elles-mêmes héritières d’un XIXe siècle révolutionnaire toujours enchanté. Les années 70 avaient pourtant été riches d’innovations conceptuelles que les socialistes ne captèrent qu’en partie et sans vraiment revoir de fond en comble leur armoire à idées. C’est d’ailleurs à peu près ce même baluchon doctrinal que tente de reprendre, sans plus d’effort, la «gauche de la gauche» dont le pactole théorique pourrait se définir sous l’espèce d’un «Front populaire 2.0», un peu à la manière dont Lénine définissait le socialisme comme l’alliance miraculeuse des «soviets et de l’électricité». Deux septennats plus tard, le Parti socialiste, en dépit d’une expérience du pouvoir enrichissante, ne semblait guère en mesure de proposer un nouveau visage. Cette permanence est d’autant plus étrange qu’un événement majeur avait frappé toutes les gauches européennes : la chute du mur de Berlin et la désagrégation du communisme. Ce moment majeur de l’histoire contemporaine n’affecta pas seulement le Parti communiste (d’ailleurs déjà très mal en point) : il toucha aussi profondément le Parti socialiste, qui ne pouvait rester indemne. Sa culture politique, aussi antisoviétique pût-elle être, avait les mêmes racines que celles du Parti communiste. Les socialistes ne mesurèrent pas la profondeur de l’impact et l’impérieuse nécessité qu’il y avait à se redéfinir.

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31 mai 2017

Conférence italienne

En France, cela fait longtemps qu'on a changé de modèle démographique depuis pas mal de temps, et l'on a donc cessé de voir l'ascendant que la démographie dans les guerres. Mais il me semble nécessaire de s'en souvenir pour pouvoir comprendre les problèmes récurrents qui caractérisent le Moyen-Orient. La semaine dernière, j'ai participé à un séminaire à Florence où une conférence très intéressant sur l'importance que pouvait avoir la hausse démographique dans ces problèmes. La personne y expliquait que la transition démographique est fondamentale pour la stabilisation de la population mondiale mais aussi pour la stabilité internationale. Dans de nombreuses régions du monde, le taux de natalité baisse depuis pas mal de temps. Mais dans certaines régions du monde, cette transition démographique n'a pas pu se réaliser, et ont contribué à rendre ces parties du monde qui sont dangereuses, comme en Afghanistan. La population y est effectivement en croissance effrénée, suite à une baisse du taux de mortalité qui n'a pas été suivie par une baisse du taux de natalité. Seulement, à partir du moment où une population concentre une proportion importante de jeunes susceptibles de se battre, il devient pour ainsi dire impossible de mettre en place un régime viable. Les conflits seront donc une fatalité pour ces régions. La transition démocratique ne sera réalisable qu'avec une volte-face démographique. Celaest généralement de l'amélioration de la place qu'occupe la femme au sein de la société. Des travaux démontrent en effet qu'un recul du taux de natalité est l'effet d'un programme d'éducationintensifs des jeunes filles (et donc des futures mères). L'éducation et l'indépendance des femmes sont clairement la meilleure façon de limiter non seulement la mortalité infantile et, d'autre part, celui de la natalité. La évolution démographique réussie. J'ai décidément bien apprécié ce colloque. Non seulement les débats y étaient passionnantes, mais l'organisation était aussi excellente, ce qui a contribué à mettre tout le monde dans les meilleures dispositions. Et c'est une une cause élémentaire à laquelle on ne pense pas assez souvent. Je vous mets en lien l'agence qui s'est chargée de ce colloque en Italie, pour ceux qui veulent voir ce qu'ils proposent. A lire sur Séminaire en Italie.

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29 mai 2017

Une couverture universelle

L’objectif de la couverture sanitaire universelle est de veiller à ce que tous les individus aient accès aux services de santé dont ils ont besoin (prévention, promotion de la santé, traitement, rééducation et soins palliatifs) sans risquer de se ruiner financièrement ou de s’appauvrir, aujourd’hui et à l’avenir. ■■ Depuis 2005, date à laquelle tous les États Membres de l’OMS se sont engagés pour la couverture sanitaire universelle, de nombreuses avancées ont été réalisées dans la prestation de services de santé et dans la protection contre le risque financier. En témoignent les progrès enregistrés en direction des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) relatifs à la santé, ainsi que le recul généralisé des paiements directs requis pour l’utilisation des services de santé. ■■ Malgré ces progrès, la couverture des services de santé et la protection contre le risque financier sont actuellement loin de la couverture universelle. Ainsi, en 2011, près de la moitié des personnes contaminées par le VIH éligibles à une thérapie antirétrovirale n’en bénéficiaient toujours pas. En outre, on estime que 150 millions de personnes se retrouvent dans une situation financière catastrophique chaque année du fait des dépenses de santé qu’elles doivent financer elles-mêmes. ■■ Les facteurs responsables de la mauvaise santé, ainsi que la capacité financière à protéger les personnes de la mauvaise santé, diffèrent d’un pays à l’autre. Par conséquent, étant donné que les moyens dont il dispose sont limités, chaque pays doit déterminer ses priorités sur le plan de l’amélioration de la santé, des services nécessaires et des mécanismes appropriés pour la protection contre le risque financier. ■■ Ces observations conduisent à deux types de questions pour la recherche. Le premier ensemble de questions, le plus important, concerne l’amélioration de la santé et du bien-être. Ces questions nous aident à définir les interventions et les services nécessaires, y compris la protection contre le risque financier, à comprendre comment élargir la couverture de ces services, en particulier en vue de réduire les inégalités, et à analyser les effets d’une meilleure couverture sur la santé. Le second ensemble de questions a trait à la mesure, c’est-à-dire aux indicateurs et aux données nécessaires pour le suivi de la couverture des services, de la protection contre le risque financier et des conséquences pour la santé. L’une des missions de la recherche consiste à définir un ensemble d’indicateurs communs permettant de comparer les avancées en direction de la couverture universelle dans tous les pays. ■■ Aucun de ces questionnements ne peut recevoir de réponse définitive. Tout au long du cycle de la recherche (les questions produisent des réponses qui engendrent de nouvelles questions), de nouvelles opportunités d’améliorer la santé apparaîtront toujours. Les cibles actuelles de couverture sanitaire universelle seront inévitablement remplacées demain par de nouvelles cibles, qui correspondront à de plus grandes ambitions.

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23 avril 2017

Le directeur de l'administration pénitentiaire jette l'éponge

Philippe Galli a remis sa démission vendredi soir au ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, qui l’a rendue publique dimanche soir. Un départ qui intervient sur fond de crise des prisons et de réorganisation de l’Administration pénitentiaire. Le directeur de l’administration pénitentiaire, Philippe Galli, a remis sa démission vendredi, a annoncé dimanche soir le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas. «De sa propre initiative, vendredi 31 mars», Philippe Galli «a présenté sa démission au garde des Sceaux, qui l’a acceptée», a déclaré sobrement ce dernier dans un communiqué. La Chancellerie ne fournit en revanche aucune indication sur les motifs de ce départ, mais des sources au sein de l’administration pénitentiaire (AP) ont expliqué que Philippe Galli était parti sur un «désaccord» avec le ministre. Selon des sources syndicales contactées par Le Figaro, ce proche de Christine Taubira n’était «pas sur la même longueur d’onde que la Chancellerie» et la volonté affichée par cette dernière de reprise en main des prisons. Plusieurs «bévues» auront donc émaillé son court mandat (un peu plus de six mois). La première aura été l’annonce de la fermeture de la centrale de Clairvaux, dans l’Aube, une décision qui aurait «déplu» à la Chancellerie. Celle-ci reprocherait ensuite à Philippe Galli une forme de «procrastination» dans la mise en place d’un bureau du renseignement pénitentiaire, grande réforme voulue par l’actuel ministère de la Justice. Signe manifeste de ces tensions, Jean-Jacques Urvoas n’avait pas jugé bon lors d’un récent déplacement en Polynésie d‘emmener avec lui son directeur pénitentiaire. Des problèmes personnels et judiciaires auraient également contribué à précipiter son départ. Agé de 60 ans, Philippe Galli, était préfet de la Seine-Saint-Denis depuis trois ans au moment où il a été nommé, le 18 septembre, à la tête de cette administration forte de 38.000 agents qu’il ne connaissait .

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